¤*Flocon de Soleil*¤

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15 septembre 2008

*Just a smile*

               Pluie sur la gare de Guingamp. TGV en retard. Le TER en direction de Paimpol attend sagement. Sur le quai, le contrôleur et le conducteur attendent eux aussi. Je passe devant eux avec un sourire, les reconnaissant, toujours les mêmes, toujours là depuis toutes ces années collèges-lycée, ces innombrables allers-retours avec cet original terminus : Frynaudour.
               Le conducteur s’assure que je monte dans le bon train (à ne pas confondre avec son jumeau qui, lui, va à Carhaix) d’un avenant « c’est bien pour Paimpol ? ». Je confirme, et le contrôleur, jadis surnommé le « contrôleur incontrôlable » par ma bande de camarades de lycée, ajoute: « pour Paimpol, pour Frynaudour, même ». Je souris, il sourit, nous sourions tous les trois. Nous nous connaissons sans nous connaître, nous nous croisons dans le ballet des jours avec ce même point de rencontre, le train.
               Le conducteur, chaleureux, qui me tenait éveillée les lundis matins à sept heures, quand nous cheminions vers l’aube, vers Guingamp et vers une nouvelle semaine, de cours pour moi, de rails pour lui. Visage rond et sympathique, avec qui j’ai parlé de tout et de rien sans jamais –je crois – connaître son prénom.
               Le contrôleur incontrôlable, si grand, avec ses fossettes osseuses et son regard dur quand il ne sourit pas. Le contrôleur incontrôlable, si classe, avec toujours un petit mot amical, maintenant qu’on se connait. Maintenant que nous avons quelque chose en commun, ce secret qui n’en est pas un, cette connivence quotidienne.
               Je suis celle qui monte et qui descend toujours à Frynaudour. Et ce, depuis des années. J’attends sous la pluie, « non, non, je n’oublie pas de composter mon billet à Guingamp », juste un sourire, juste un bonjour. C’est peu et tant à la fois. Banal mais vital. Ils ne savent que ça de moi. Et tout ce que je sais d’eux, c’est qu’ils savent où je vais, et qu’ils m’y emmènent. Et c’est bien ainsi.       Nous partageons ces kilomètres de rails, ces paysages qu’on a vus mille fois, ce frôlement  de mains au contrôle des billets.
               Notre « nous » n’existe que dans ce train, sur cette ligne. Rassurante proximité, le TER Paimpol-Guingamp est ma deuxième maison, et l’équipe de conducteurs/contrôleurs, ma deuxième famille. Juste le temps d’un voyage, juste le temps de quelques mots.
               Juste le temps d’un sourire.  Merci.

Une habituée que vous reconnaîtrez peut-être.

J'envoie ou pas?

Posté par makkura à 19:09 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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